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Plus-value immobilière : calcul, abattements et exonérations

Publié le 12 juin 2026 , 9 min de lecture

Calcul de la plus-value immobilière lors d'une vente

Lorsque vous revendez un bien immobilier à un prix supérieur à celui auquel vous l'avez acquis, la différence constitue une plus-value immobilière. Cette plus-value est en principe soumise à l'impôt sur le revenu ainsi qu'aux prélèvements sociaux. Mais le régime fiscal français prévoit un système d'abattements progressifs en fonction de la durée de détention, ainsi que plusieurs exonérations qui permettent, dans de nombreuses situations, d'échapper totalement à l'imposition. Comprendre ce mécanisme est indispensable avant toute cession, qu'il s'agisse d'un appartement, d'une maison secondaire, d'un terrain ou d'un bien mis en location.

La plus-value brute se calcule simplement : prix de vente moins prix d'acquisition. Mais le calcul de la plus-value nette imposable, qui sert réellement de base à l'imposition, est beaucoup plus favorable au vendeur. Le législateur a en effet prévu la possibilité de majorer le prix d'acquisition de certains frais et dépenses, ce qui réduit mécaniquement le gain taxable. La maîtrise de ces règles peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie selon la valeur du bien et les circonstances de la vente.

La fiscalité immobilière mobilise des notions techniques que l'on retrouve à chaque étape d'une transaction : l'acte authentique signé chez le notaire contient toutes les informations nécessaires au calcul, et la déclaration de plus-value est réalisée directement par ce dernier au moment de la vente. Voici un panorama complet des règles applicables en 2026.

Qu'est-ce que la plus-value immobilière

La plus-value immobilière est le gain réalisé entre la date d'acquisition d'un bien et sa date de revente. Elle s'applique aux biens immobiliers détenus à titre privé, c'est-à-dire en dehors d'une activité professionnelle. Sont concernés les appartements, maisons, terrains, caves, parkings, mais aussi les parts de sociétés à prépondérance immobilière comme certaines SCI.

Attention, la résidence principale bénéficie d'une exonération totale et permanente, quelle que soit la durée de détention ou le montant du gain. Pour tous les autres biens, le principe général est le suivant : la plus-value nette est soumise à 19 % d'impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 36,2 % avant abattements. Des surtaxes s'appliquent en outre sur les plus-values nettes dépassant 50 000 euros.

Le notaire chargé de la vente calcule automatiquement la plus-value, prélève l'impôt et le reverse à l'administration fiscale. Le vendeur n'a généralement aucune démarche supplémentaire à effectuer, sauf dans des cas particuliers (non-résidents, sociétés).

Le calcul de la plus-value nette imposable

La plus-value brute est égale au prix de cession diminué du prix d'acquisition. Mais chacun de ces deux termes peut être corrigé à la hausse ou à la baisse pour tenir compte de frais réels.

Le prix de cession retenu est le prix stipulé dans l'acte de vente. Il peut être minoré du montant des charges et indemnités que le vendeur supporte à l'occasion de la vente : diagnostics, mainlevée d'hypothèque, indemnité d'éviction versée à un locataire, commission versée à une agence ou à un chasseur immobilier.

Le prix d'acquisition peut quant à lui être majoré de plusieurs postes :

  • Les frais d'acquisition réels (droits de mutation, honoraires de notaire, commission d'agence payée lors de l'achat) ou, par forfait, 7,5 % du prix d'achat.
  • Les dépenses de travaux : agrandissement, construction, reconstruction, amélioration. Ces dépenses sont retenues pour leur montant réel sur justificatifs, ou par forfait de 15 % du prix d'achat si le bien est détenu depuis plus de cinq ans. Attention, les travaux de réparation et d'entretien courant ne sont pas déductibles.
  • Les frais de voirie, réseaux et distribution pour les terrains à bâtir.

Une fois la plus-value brute nette de ces corrections calculée, on applique les abattements pour durée de détention, qui constituent le coeur du dispositif fiscal.

Les abattements pour durée de détention

Le système d'abattements récompense la détention longue. Plus vous avez conservé le bien, moins vous payez d'impôt. Le taux d'abattement n'est pas le même selon qu'il s'agit de l'impôt sur le revenu (IR) ou des prélèvements sociaux (PS) : les deux progressions sont distinctes, ce qui explique que l'exonération totale ne soit pas atteinte en même temps pour les deux taxes.

Durée de détentionAbattement IRAbattement PSImposition restante (IR)Imposition restante (PS)
Moins de 6 ans0 %0 %19 %17,2 %
6 ans6 %1,65 %17,86 %16,92 %
7 ans12 %3,30 %16,72 %16,63 %
8 à 21 ans+6 %/an+1,65 %/anvariablevariable
22 ans100 %28,05 %0 %12,34 %
23 à 29 ans100 %+9 %/an0 %variable
30 ans et plus100 %100 %0 %0 %

En pratique, cela signifie qu'à partir de 22 ans de détention, le vendeur ne paie plus d'impôt sur le revenu sur sa plus-value. Il reste redevable des prélèvements sociaux jusqu'à 30 ans. L'exonération totale (IR + PS) n'est donc atteinte qu'à partir de 30 années de détention.

La durée de détention se calcule par périodes de douze mois entiers, en partant de la date d'acquisition jusqu'à la date de cession. Une année incomplète ne compte pas.

Les principales exonérations

Au-delà des abattements pour durée de détention, plusieurs situations permettent d'échapper totalement ou partiellement à l'imposition sur la plus-value, quelle que soit la durée de détention.

La résidence principale est exonérée de toute imposition sur la plus-value, sans condition de durée ni de plafond. C'est l'exonération la plus puissante du dispositif. Pour en bénéficier, le logement doit constituer la résidence principale habituelle et effective du vendeur au moment de la cession. Une résidence occupée ponctuellement ou mise en location ne bénéficie pas de cette exonération.

À retenir

La résidence principale est totalement exonérée de plus-value immobilière, sans condition de durée de détention. Cette exonération s'applique même si vous avez réalisé un gain très important. En revanche, la résidence secondaire, le logement locatif et les terrains sont imposables selon le barème progressif avec abattements.

Les cessions dont le prix est inférieur à 15 000 euros sont exonérées. Ce seuil s'apprécie bien par cession, et non par vendeur : en cas d'indivision, il s'apprécie au regard de la quote-part de chaque indivisaire.

Les personnes âgées ou invalides de condition modeste peuvent bénéficier d'une exonération sous conditions de ressources lors de la cession de leur ancienne résidence principale dans les deux ans suivant leur entrée en établissement d'hébergement.

La première cession d'un logement autre que la résidence principale peut être exonérée si le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes et s'il remploi le prix de cession dans l'acquisition de sa résidence principale dans un délai de vingt-quatre mois.

Les expropriations dans le cadre d'une déclaration d'utilité publique ouvrent droit à exonération si l'indemnité est remployée dans l'acquisition d'un bien immobilier dans un délai de douze mois.

Cas particuliers : SCI, héritage, non-résidents

Le régime des plus-values s'applique avec quelques particularités lorsque le bien n'est pas détenu directement par une personne physique ou lorsque la détention résulte d'une succession ou d'une donation.

En cas d'héritage ou de donation, le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est la valeur vénale du bien au jour de la transmission, telle qu'elle a été retenue pour le calcul des droits de succession ou de donation. La durée de détention, en revanche, est décomptée depuis la date d'entrée dans le patrimoine du défunt ou du donateur, et non depuis la date de la transmission. Cette règle est favorable car elle allonge mécaniquement la durée de détention.

Pour une SCI soumise à l'impôt sur le revenu (ce qui est le cas de la quasi-totalité des SCI familiales ou patrimoniales), le régime des plus-values immobilières des particuliers s'applique à chaque associé en proportion de ses parts. La cession des parts elles-mêmes relève en revanche d'un régime spécifique. Pour approfondir ce point, consultez notre article sur les avantages et inconvénients d'une SCI. Pour une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés, les plus-values relèvent du régime des plus-values professionnelles, beaucoup moins favorable.

Les non-résidents fiscaux vendant un bien immobilier situé en France sont imposables en France sur la plus-value réalisée, en vertu des conventions fiscales internationales. Le taux est en principe de 19 % pour les résidents de l'Union européenne, et de 33,33 % pour les résidents hors UE. Des prélèvements sociaux s'ajoutent en principe pour les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale européen. Un représentant fiscal accrédité est obligatoire pour les non-résidents hors UE lorsque le prix de vente dépasse 150 000 euros.

Pour toute opération complexe, le recours à un conseiller fiscal ou à votre notaire reste indispensable. La fiscalité immobilière dans son ensemble comporte de nombreux leviers d'optimisation qu'il convient d'anticiper, idéalement plusieurs années avant la revente.

Point de vigilance

Une surtaxe progressive s'applique sur les plus-values nettes imposables supérieures à 50 000 euros : elle varie de 2 % (entre 50 001 et 100 000 euros) à 6 % (au-delà de 260 000 euros). Elle s'ajoute au taux de 19 % d'IR, ce qui peut porter le taux effectif à 25 % avant abattements.

Questions fréquentes

La résidence principale est-elle toujours exonérée de plus-value ?

Oui, sans condition de durée de détention ni de montant du gain. Le logement doit simplement constituer votre résidence habituelle et effective au moment de la vente. Si vous avez quitté le logement avant la vente, un délai de tolérance d'un an est généralement admis par l'administration fiscale, sous réserve que le bien n'ait pas été loué ou mis à disposition entre-temps.

Peut-on déduire les travaux réalisés dans le bien vendu ?

Oui, sous conditions. Seuls les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration sont déductibles, sur justificatifs (factures de professionnels). Les travaux d'entretien et de réparation courants ne le sont pas. Pour les biens détenus depuis plus de cinq ans, il est possible d'opter pour un forfait de 15 % du prix d'acquisition, sans justificatifs, si ce montant est plus favorable.

Quand la plus-value est-elle totalement exonérée ?

L'exonération d'impôt sur le revenu est totale après 22 ans de détention. Celle des prélèvements sociaux n'intervient qu'après 30 ans. Pour une exonération complète (IR + prélèvements sociaux), il faut donc avoir détenu le bien pendant au moins 30 années entières.

Comment la plus-value est-elle déclarée ?

C'est le notaire qui établit la déclaration et prélève l'impôt directement sur le prix de vente au moment de la signature de l'acte authentique. Le vendeur reçoit le prix net de toutes charges fiscales. Il doit simplement mentionner la plus-value sur sa déclaration de revenus annuelle si elle n'est pas exonérée, afin d'assurer la cohérence avec les données transmises par le notaire à l'administration fiscale.